Etudiant de Toulouse blessé par une grenade : la vidéo qui anéantit la version des policiers

Mercredi 9 mai 2018, la police évacuait très tôt l’université du Mirail occupée depuis plusieurs semaines par les étudiants. Refoulés vers la station de métro, les étudiants décident de rejoindre la gare et les cheminots en lutte. Ils seront pris à partie par la Brigade Anti-Criminalité alors que la vidéo montre bien que les manifestants ne montraient aucune violence. Guilhem, repéré par la BAC pour avoir, selon la police, détérioré une caméra de vidéo-surveillance est plaqué au sol. Un grenade de désencerclement explose et le blesse grièvement ainsi que deux policiers légèrement. Selon le communiqué du procureur, cette interpellation avait été rendue « difficile » par sa « résistance » et « l’hostilité » du groupe de manifestants. Une enquête est confiée à l’IGPN. 

Lundi Matin et IAATA reviennent sur cet événement et relaie la vidéo de l’interpellation. Elle remet en question clairement la version des agents de police. Un texte que nous relayons accompagne cette vidéo.

« Cette publication répond à une urgence. Elle est à la fois le témoin d’un instant et d’une époque. Se retrouver en possession d’un tel matériau interroge la place de l’image. Il a fallu penser le sens politique de cette dernière et son utilité.

Là où nous voulions compléter, additionner une pratique cinématographique aux multiples formes d’engagements déjà en œuvre pour résister à la violence institutionnalisée, c’est finalement pour répondre à un manque que nous publions ce film.

La logique d’occultation systématique des violences policières s’inscrit par essence dans leurs pratiques. En témoignent les attitudes et les corps, qui se trahissent en tentant de dissimuler. Mais la police se compromet également en faisant disparaître ses propres traces et laisse un vide qui doit être interrogé : Où sont les images des caméras de vidéosurveillance ?

En aucun cas nous n’invoquons la preuve par l’image à travers ce type dispositif, car ici c’est bien l’absence d’image qui condamne les actes. En plus d’engager une évidente culpabilité policière, c’est encore le système de vidéosurveillance qui se fissure entièrement.

Dans ce contexte, il nous semble également nécessaire d’ignorer la simple présentation des faits pour ce qu’ils sont. Filmer ne doit pas être qu’un moyen de défense, dans la faible mesure où la présence d’une caméra retient parfois quelques coups de matraque, mais également une force, un moyen d’inventer ce qu’on nous dissimule. Il ne s’agit pas de rétablir une vérité mais de mettre à jour le mensonge. » Qannes.

 

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